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TL;DR — Les chiffres de l’apprentissage 2025 marquent un recul ponctuel après des années de boom. Mais la tendance longue, elle, reste structurellement positive : le nombre d’apprentis a été multiplié par 2,4 depuis 2017, et les BTS sont la filière la plus transformée par l’alternance. Ce guide vous donne les chiffres clés à connaître et à utiliser.
Les chiffres comme outil de pilotage et de conviction
Un directeur de CFA qui maîtrise les chiffres clés de son marché dispose d’un avantage considérable. Pas seulement pour piloter son établissement à vue, mais pour convaincre : une entreprise hésitante, un élu local, un partenaire institutionnel, ou ses propres équipes.
Citer un taux d’insertion, rappeler l’évolution du nombre d’apprentis en BTS depuis dix ans, expliquer que 46 % des étudiants en BTS suivent désormais leur formation en alternance. Ce sont des arguments solides, sourcés, qui crédibilisent votre discours et rassurent vos interlocuteurs.
Mais pour bien utiliser ces chiffres, il faut savoir les lire dans leur contexte. Un recul sur une année ne signifie pas un retournement de tendance. C’est exactement le piège à éviter en 2026.
2025 : un recul ponctuel à contextualiser
Les données publiées par la Dares en 2026 l’indiquent clairement : 846 700 contrats d’apprentissage ont débuté en 2025, tous secteurs confondus. C’est une baisse de 5 % par rapport à 2024, après une hausse de 4,5 % l’année précédente.
Ce recul s’explique par deux facteurs structurels bien identifiés. D’abord, la réduction progressive des aides à l’embauche pour les entreprises, qui avaient fortement tiré les volumes vers le haut depuis 2020. Ensuite, un marché du travail moins dynamique pour les jeunes en 2025, avec un taux de chômage des 15-24 ans en hausse.
Malgré ce recul, 1 017 500 contrats sont en cours au 31 décembre 2025, soit un effectif global qui dépasse toujours le million d’apprentis, l’objectif gouvernemental fixé par Emmanuel Macron. Le stock reste élevé même si le flux ralentit.
Un directeur de CFA qui communique sur ces données doit donc distinguer la tendance annuelle de la tendance de fond. Le premier chiffre peut inquiéter. Le second rassure, et c’est celui qui compte pour construire une stratégie à trois ou cinq ans.
La tendance longue 2017-2025 : une révolution structurelle
Pour comprendre où en est l’apprentissage aujourd’hui, il faut partir de 2017. Cette année-là, 439 900 jeunes de 16 à 29 ans étaient en apprentissage en France. En 2023, ils étaient 1 021 500, soit une multiplication par 2,4 en six ans, selon l’édition 2025 d’INSEE Références Formations et Emploi.
Sur la même période, le nombre d’employeurs accueillant un apprenti a doublé, et le nombre de CFA a triplé. En 2023, un jeune de 16 à 29 ans sur dix était en apprentissage. C’est une transformation profonde du paysage de la formation professionnelle, portée par la loi « Avenir professionnel » de 2018.

Ce mouvement s’est accompagné d’un déplacement vers le supérieur : la part des apprentis dans l’enseignement supérieur est passée de 39 % à 62 % entre 2017 et 2023, selon Centre Inffo. Les BTS, licences professionnelles et écoles de commerce ont été les grands bénéficiaires de cette dynamique.
Et contrairement à ce que la baisse de 2025 pourrait laisser croire, cette transformation de fond n’est pas remise en cause. Elle est inscrite dans les pratiques des entreprises, dans les attentes des étudiants, et dans la structure même des CFA qui ont adapté leurs offres en conséquence.
Pour aller plus loin sur les tendances du marché, consultez notre article sur le recrutement d’apprentis en 2026.
La place du BTS : la filière la plus transformée par l’alternance
Parmi toutes les filières du supérieur, les BTS sont ceux qui ont le plus basculé vers l’alternance. Les chiffres publiés par le SIES (Service de l’information statistique et des études, ministère de l’Enseignement supérieur) en septembre 2025 le confirment :
→ 190 000 apprentis préparaient un BTS dans l’enseignement supérieur en 2024.
→ 46 % des étudiants en STS (section de technicien supérieur) suivent désormais leur formation en alternance.
→ 1 apprenti sur 3 dans l’enseignement supérieur prépare un BTS, soit 29 % des apprentis du supérieur.
→ Sur dix étudiants en BTS aujourd’hui, quatre le font en apprentissage, contre deux seulement en 2017.
Ce que ces chiffres signifient concrètement pour un directeur de CFA : l’alternance en BTS n’est plus une niche, c’est la norme émergente. Les entreprises qui recrutent des BTS s’attendent à le faire via l’apprentissage. Les lycéens qui s’orientent en BTS l’intègrent dans leur projet. Et les CFA qui n’ont pas encore structuré une offre BTS solide en alternance prennent du retard sur leur marché.
Les BTS les plus représentés en alternance sont ceux du tertiaire : MCO, NDRC, GPME, SAM, SIO. Environ trois contrats sur quatre débutent dans le secteur tertiaire, selon les données Dares. Un CFA qui cherche à développer ses effectifs BTS a donc intérêt à cibler en priorité les entreprises de services, de commerce et de gestion.
Pour construire votre stratégie de développement BTS, consultez notre guide : développer l’alternance dans son CFA.
Insertion professionnelle : ce que les données disent vraiment
C’est souvent le chiffre le plus utile pour convaincre une entreprise partenaire : le taux d’insertion des apprentis BTS. Et les données publiées par la DEPP en décembre 2025 sont sans ambigüïté.
Parmi les apprentis de niveau CAP à BTS sortant d’études en 2024, 62 % occupaient un emploi salarié en janvier 2025, soit six mois après leur sortie (Note d’information DEPP n°25-69, décembre 2025). Ce taux concerne principalement le secteur privé (58 %).
Ce chiffre est en recul de 3,2 points par rapport à la génération précédente, en lien avec une conjoncture économique moins favorable. Il doit là encore être lu dans son contexte : le taux d’insertion reste significativement supérieur à celui des voies scolaires classiques au même niveau, ce qui reste l’argument clé à porter auprès des entreprises et des familles.
Sur la tendance longue, les données INSEE confirment que deux jeunes sur trois trouvent un emploi dans les six mois suivant leur diplôme, avec un impact particulitement fort pour les niveaux CAP à BTS. C’est un argument de poids pour un directeur de CFA qui veut démontrer la valeur de ses formations à des entreprises hésitantes.
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La structure des employeurs : taille, secteur, profil
Savoir où se signent les contrats d’apprentissage est aussi important que de savoir combien il y en a. Les données Dares 2025 permettent de dresser un profil précis des employeurs qui recrutent des apprentis BTS.
→ 43 % des contrats d’apprentissage débutent dans des établissements de moins de 10 salariés. C’est une constante : l’apprentissage reste massivement un phénomène de TPE et de PME. Un CFA qui concentre sa prospection sur les grandes entreprises passe à côté de la majorité du marché.
→ 43 % des nouveaux contrats concernent un apprenti déjà passé par l’apprentissage. Ce chiffre, souvent méconnu, signifie qu’une part importante de vos futurs alternants BTS ont déjà un contrat précédent dans leur parcours. Ce sont des profils plus matures, qui savent ce qu’ils cherchent et qui méritent un accompagnement spécifique à la mise en relation.
→ Le secteur tertiaire concentre environ trois contrats sur quatre. Commerce, gestion, informatique, communication : ce sont les domaines où les BTS en alternance sont les plus demandés. Les CFA qui proposent des BTS tertiaires évoluent sur le marché le plus dynamique de l’apprentissage.
Ces données ont une implication directe sur votre stratégie de prospection entreprises. Privilégiez les PME locales du tertiaire, adaptez votre discours à des recruteurs qui ne sont pas nécessairement des spécialistes de l’alternance, et valorisez la simplicité du process que vous leur proposez. Pour aller plus loin, consultez notre article sur comment les CFA trouvent des entreprises qui recrutent.
En résumé : ce qu’il faut retenir
→ 2025 marque un recul de 5 % des entrées en apprentissage, mais plus d’un million de contrats restent en cours. Le recul est conjoncturel, pas structurel.
→ Sur la tendance longue, le nombre d’apprentis a été multiplié par 2,4 depuis 2017 : c’est la donnée de fond à garder en tête.
→ Les BTS sont la filière la plus transformée par l’alternance : 190 000 apprentis en 2024, 46 % des STS en alternance, 4 étudiants sur 10 en apprentissage contre 2 en 2017.
→ Le taux d’insertion à 6 mois des apprentis CAP-BTS est de 62 % en 2025 : un argument fort auprès des entreprises et des familles, même en léger recul.
→ 43 % des contrats se signent dans des établissements de moins de 10 salariés : la TPE reste le cœur du marché de l’alternance BTS.
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FAQ
Combien y a-t-il d’apprentis en BTS en France en 2024 ?
Selon les données publiées par le SIES en septembre 2025, 190 000 apprentis préparaient un BTS dans l’enseignement supérieur en 2024. Les BTS représentent ainsi 29 % des apprentis du supérieur, soit la première filière en volume.
L’apprentissage est-il vraiment en baisse en 2025 ?
Les entrées en apprentissage ont baissé de 5 % en 2025 selon la Dares, après des années de forte croissance. Mais le stock total reste au-dessus du million. Ce recul est lié à la réduction des aides à l’embauche et à la conjoncture économique, pas à un désintérêt des entreprises ou des étudiants pour l’alternance.
Quel est le taux d’insertion des apprentis BTS ?
Selon la Note d’information DEPP n°25-69 (décembre 2025), 62 % des apprentis de niveau CAP à BTS étaient en emploi salarié six mois après leur sortie d’études en 2024. Ce taux reste nettement supérieur à celui des voies scolaires classiques au même niveau.
Quels BTS sont les plus demandés en alternance ?
Les BTS tertiaires dominent largement : MCO, NDRC, GPME, SAM et SIO concentrent l’essentiel des contrats d’apprentissage en BTS. Ces filières bénéficient d’une forte demande des entreprises du secteur services, commerce et gestion.
Comment utiliser ces chiffres pour convaincre une entreprise partenaire ?
Le taux d’insertion à 6 mois (62 %) et la tendance longue (x2,4 depuis 2017) sont vos deux arguments les plus solides. Ils montrent que l’apprentissage BTS forme des profils opérationnels qui trouvent rapidement leur place dans l’emploi, et que les entreprises qui s’y sont engagées tôt ont pris une longueur d’avance sur leur marché des talents.




